« Il y a dans la peinture des choses pesées, pensées, de l’ordre de l’immuable pour ce qui concerne les choses établies. La figuration, par exemple, dictée par le conscient de l’artiste, se range à cette loi. Il y a aussi, la part plus floue du rêve, de ce qui est impalpable, de ce qui ne se vérifie que par la déraison, l’incontrôlable.

 

L’abstraction comme loi élémentaire du sentiment spontanément exprimé sans autre préavis, obéit à ce contexte. Mais, tout est envisageable dès lors que l’on connaît l’intention de celui qui peint, puisque c’est lui qui donne la clef (quel que puisse être son geste) à celui qui reçoit, le spectateur, l’amateur. Désormais, il y a rencontre et l’on doit considérer comme «gagnée» la partie qui relie les pensées de celui qui donne et de celui qui attend pour recevoir.

 

Gilles Luquet de Saint Germain est frontalier de ce discours. Il réside entre une abstraction prioritaire dans l’immédiat du propos, et une figuration sous-jacente qu’il faut aller chercher pour la mériter! Ainsi le paysage qu’il propose n’est pas «paysagé» au sens propre du terme mais bien orchestré pour pouvoir naviguer entre les choses et l’idée que l’on se fait d’elles. Difficile pari, mais joli programme pour qui est demandeur. On est (on naît) dans un «no man’s land» de couleurs imbriquées, qui tiennent de la tessiture de l’écorce d’arbre, aux rappels - mêmes lointains - d’une influence de Vieira da Silva, du moins , sur le principe du jeu des formes (géométrie des perspectives). On est dans une musicalité définie par l’indéfinissable, des tâches fortes qui arrachent la partition jusqu’à des ponctuations plus dociles qui indiquent, moderato, un passage nuancé, une pulsion moindre, une respiration. »

 

Bernard Gouttenoire, Critique d'art Le Progrès - Lyon International

 

Gilles Luquet de St Germain

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Janvier 2018 - Acrylique sur toile - 78 cm x 70 cm
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